Mercredi 22 avril 2009… Cela fait exactement un an que nous avons dit adieu à Yuki, notre chien. Il me manque d'autant plus que depuis une semaine je suis entrée
dans mon neuvième mois de grossesse. Il avait été mon seul compagnon pendant la moitié du travail ayant précédé la naissance de Sacha et j'aurais aimé qu'il soit là pour la naissance de ce second
petit bout.
Je pense de plus en plus à l'accouchement. Pour la première fois depuis sa naissance, Sacha n'a pas dormi à mes côtés. Il a passé la nuit chez mes parents en
prévision de l'accouchement. Je ne pense pas que la naissance de son frère soit imminente, il reste plus de trois semaines avant la date de terme et j'ai encore plein de choses à faire avant.
Dans deux jours, Françoise, notre sage-femme doit venir visiter la maison en prévision de la naissance et dimanche, j'ai prévu de recevoir quelques amies avec Valérie, ma doula, pour un
blessingway, une célébration de fin de grossesse… Nous n'avons pas encore acheté les alèses prévues pour l'accouchement ni les couches pour le bébé. Nous n'avons même pas remonté le carton de
vêtements nouveau-né de la cave.
Vers 16h, mon chéri et moi devons à aller chercher Sacha à la crèche. Je traîne un peu pour finir de ranger le dressing. J'achève de me préparer quand je sens un
très léger flux dans ma culotte. Ce ne sont que quelques gouttes. Je peste intérieurement, mon corps n'est-il donc plus capable de se retenir ! Je n'imagine pas que ça puisse être le signe
d'autre chose… Plus la soirée avance, plus je pense à une rupture de la poche des eaux, mais je n'arrive pas encore à y croire. Cela me semble tellement tôt. Les fuites se poursuivant, je demande
à mon mari d'aller m'acheter des serviettes hygiéniques mais toujours pas de couches nouveau-né.
Peu avant minuit, alors que je suis sur l'ordinateur et que David s'est endormi avec Sacha, je sens un écoulement un peu plus important. Je suis allée aux toilettes
quelques minutes plus tôt, je commence donc sérieusement à envisager qu'il s'agisse d'une fissure de la poche des eaux. Après quelques minutes d'hésitation, j'appelle Françoise malgré l'heure
tardive. Elle confirme ce que je redoutais. Il s'agit a priori bien d'un écoulement de liquide amniotique. Elle prévoit de passer le lendemain à la première heure pour faire un prélèvement
vaginal. Si on y détecte un streptocoque B ou une autre bactérie susceptible de s'attaquer au bébé, il faudra soit que le travail commence très vite, soit partir à la maternité pour un
déclenchement et prendre des antibiotiques. Sinon, on pourra attendre la naissance pendant trois jours encore… Déclenchement. Départ en maternité… Je sens des bouffées d'angoisse déferler en moi.
Il est trop tôt. Rien n'est prêt pour l'arrivée de ce petit. Au delà des détails techniques, je ne me sens pas encore prête à l'accueillir. J'ai peur d'empêcher le travail de se lancer et qu'il
nous faille renoncer à notre projet de donner naissance à ce bébé chez nous. Je veux lui offrir une naissance douce et sereine dans l'ambiance feutrée de notre maison et non la violence d'un
déclenchement. Je sais qu'il faut que je me détende. Je suis assez informée sur les mécanismes de l'accouchement pour savoir que le stress inhibe la production d'ocytocine et que sans ocytocine
le travail ne peut se faire. Je réveille David pour lui dire ce qui se passe et surtout parce que j'ai besoin qu'il me serre dans ses bras. Puis à minuit et demi, j'appelle Valérie. Il est très
tard mais je suis trop angoissée, il faut que je « décharge » toutes ces angoisses. Cela me fait du bien de poser toutes mes peurs. Elle me rassure. De son côté, mon chéri me fait
couler un bain. Je me baigne à la lueur des bougies en faisant infuser des huiles relaxantes puis je vais me coucher.
Dans le lit, je m'efforce de positiver. Je n'avais pas d'infection lors de la naissance de Sacha donc il est probable que je n'ai toujours rien. Je regarde mon
petit garçon endormi à mes côtés. Bientôt, il sera grand frère. Quand je l'attendais aussi j'avais beaucoup d'appréhensions et finalement tout s'était déroulé parfaitement bien. Je caresse
longuement mon ventre. Je dis au bébé que je l'aime et qu'on va vivre tous les deux un beau moment. Je lui dis qu'il est temps que l'on se rencontre tous les deux. Je prie aussi un peu. Sur ces
pensées, je finis par m'endormir. Deux heures plus tard, je suis réveillée par une douleur dans le bas-ventre. Le travail commence, me dis-je avec soulagement. Je reste longtemps allongée à côté
de mes hommes. Je sens des petites douleurs à intervalle régulier. C'est un peu différent des contractions que j'avais senties pour la naissance de Sacha mais je sens que mon corps travaille pour
faire sortir le bébé. D'ailleurs il est descendu dans mon bassin. Avec ces douleurs et mon excitation, je ne peux me rendormir. Je finis par aller regarder les épisodes du « Docteur
House » enregistrés la veille jusqu'au petit matin… Ce n'est probablement pas ce qu'il y a de mieux au moment d'un accouchement néanmoins c'est toujours mieux que le téléfilm sur Jack
l'Eventreur sur lequel j'étais tombée pendant l'accouchement de Sacha.
Vers 7 heures et demie, je rappelle Françoise qui est sur le point de venir chez nous. Elle arrive vers les 9 heures. Elle fait le prélèvement et écoute le cœur du
bébé. A ma demande, elle m'examine, le col est souple mais encore bien fermé. Cela ne m'étonne guère mais j'ai bon espoir que ça évolue vite. De son côté, mon mari habille Sacha pour la crèche et
va déposer le prélèvement en chemin. Françoise part à son cabinet, restant disponible pour revenir d'un moment à l'autre. Quand tout le monde est parti, je retourne dans la chambre. Je fais une
séance de sophrologie pour me relaxer et je finis par m'endormir une bonne heure.
A mon réveil, David est revenu avec tout le « matériel » pour l'accouchement et j'ai un message de Françoise sur mon répondeur. Elle a déjà les résultats
du laboratoire, tout va bien, nous pouvons donc nous permettre d'attendre. Je me sens bien mieux. Je rappelle Valérie beaucoup plus optimiste. Même si le travail est encore anarchique, j'espère
que mon bébé nous rejoindra dans la journée. Après tout, la naissance de Sacha avait été très rapide et en général, le deuxième arrive encore plus vite. David appelle son boulot pour annoncer
qu'il ne viendra pas.
La journée s'écoule, je sens des contractions par intermittence et je sais qu'elles sont trop légères pour qu'on soit dans le travail « actif ». Je
discute au téléphone avec mon amie Jennifer. Je surfe sur internet. J'annonce aux filles du forum « Bébé nature » que l'accouchement est commencé. Cela me fait du bien de savoir que
toutes ces femmes pensent à moi. J'avais souhaité un accouchement express pour pouvoir retrouver mon grand le soir même or dès 14h, il est clair que le travail est trop irrégulier. Il nous faut
donc demander à mes parents d'aller le chercher. Cela tombe mal car mon père est à l'hôpital pour des examens. Ma mère réussit à se libérer. Le matin, nous n'avions pas pensé à déposer à la
crèche des affaires pour que Sacha passe la nuit ailleurs. Nous allons donc les déposer chez mes parents en évitant que notre petit bientôt grand frère ne nous aperçoive. De la voiture, je le
vois de loin, marchant aux côtés de sa grand-mère. Il est si grand et si petit à la fois… J’espère qu’il ne souffrira pas de l’arrivée de son petit frère. Je voudrais le serrer dans mes bras. Je
m’en veux un peu de ne pas penser plus au petit qui va arriver. Sans doute, culpabiliserais-je encore davantage si je ne pensais pas à Sacha.
Puis nous faisons une promenade en amoureux au Bois de Boulogne. Cela fait longtemps que
nous ne nous sommes pas retrouvés ainsi tous les deux. Si le temps ne nous était pas compté, je goûterais pleinement à ces moments d’intimité d’autant que physiquement, je me sens beaucoup mieux
que ces derniers mois. Alors que j’ai passé presque toute ma grossesse à me traîner et à lutter contre la fatigue, j’ai comme un regain d’énergie. Le bébé étant descendu dans mon bassin, je ne
ressens plus cette gêne au niveau de l’estomac qui m’empêchait de manger depuis des mois. Je me dis que c’est le signe que la naissance approche même si je n’ai plus de contraction pour le
moment.
Françoise repasse en fin de soirée, elle écoute à nouveau le cœur du bébé puis repart chez elle, se tenant prête à revenir si ça s’accélère dans la nuit. Avec
David, nous faisons un dernier tour dans la rue avant de nous coucher.
Je ne dors pas longtemps. Vers 2h du matin, je suis réveillée par des contractions. Elles sont plus fortes que la veille et je les sens monter progressivement comme
des vagues. Je reste un moment au lit puis je me fais couler un bain. Finalement, j'aurais peut-être dû investir dans une piscine d'accouchement car l'eau soulage la douleur des contractions mais
ma baignoire est trop petite pour que j'adopte une position agréable que je les sens monter. Je passe le reste de la nuit dans le salon. A moitié endormie, je n'ai guère envie de lire ou de
regarder la télé. Je reste donc allongée sur le canapé à écouter de la musique. Pendant les contractions, je m'accroupis sur le ballon. Le rythme des contractions reste encore espacé, tout
d'abord tous les quarts d'heure puis toutes les dix minutes.
Vers 7h30, j'appelle Françoise pour lui dire que ça a vraiment démarré mais que c'est encore assez espacé. Une heure et demie plus tard, cela n'a guère évolué. Je
me demande si la présence de mon mari ou la lumière du jour ne ralentissent pas le travail. Françoise appelle pour nous dire qu'elle est sur le point d'arriver. Je sens bien que c'est trop tôt
mais en même temps, je ne peux guère présager de la suite, tout pourrait s'accélérer très vite. Néanmoins, je sais que j'ai besoin d'être seule. Après une écoute du cœur du bébé, je vais m'isoler
dans ma chambre. Allongée sur le côté, une jambe surélevée sur le coussin d'allaitement, la matinée s'écoule. Je somnole sur le lit, une contraction me réveillant toutes les dix minutes. Malgré
mes inquiétudes, j'apprécie ces derniers moments de fusion avec mon bébé. C'est lui qui me prévient de l'arrivée des contractions car il gigote quelques secondes avant. Je lui parle de notre
future rencontre, je lui dis que je lui fais confiance, que je sais qu'il est fort et solide. L'intensité des contractions s'accélère mais leur rythme reste constant. Pendant ce temps-là, David
après avoir réglé l'horloge du monitoring de Françoise et regardé un documentaire à la télé prépare le déjeuner. Françoise de son côté se fait le plus discrète possible, elle vient juste
régulièrement vérifier que le bébé supporte bien les contractions. Cela m'ennuie de la bloquer chez nous alors que ça avance si lentement. Je voudrais que ça aille plus vite, d'autant qu'avec la
fissure de la poche des eaux, le spectre du déclenchement n'est toujours pas écarté.
Nous déjeunons tous les trois. Etrange comme un acte aussi banal qu'un repas partagé peut être porteur d'intimité… peut-être cela tient-il précisément à sa banalité
mais pour moi, à ce moment-là, Françoise est vraiment entrée dans notre vie. C'est aussi ça le charme d'un accouchement à la maison, l'ordinaire qui se mêle à l'extraordinaire, le merveilleux au
quotidien.
Après le repas, je retourne un peu dans la chambre et là, le travail stagne à nouveau. Pour le relancer, David et moi sortons faire un tour. Il fait très beau
dehors. Les contractions recommencent à être violentes, bien localisées dans les reins.
A notre retour, Françoise sort se promener à son tour. Peut-être pour profiter du beau temps, peut-être aussi se dit-elle qu'en nous laissant seuls le travail
avancera plus vite. Je ressens une réelle lassitude. Je ne comprends pas pourquoi c'est si long alors que cela avait été si rapide pour Sacha. A force d'entendre que le second accouchement est
bien plus rapide que le premier, j'avais fini par y croire. Je téléphone à Valérie pour poser verbalement toutes les angoisses qui pourraient encore me bloquer, puis elle me conseille d'occuper
mon esprit à une activité manuelle pour arriver à lâcher prise. Je lave rapidement la vaisselle du midi puis je commence à préparer une sauce tomate. Entre temps, Françoise est revenue. Nous
discutons dans la cuisine. Je verbalise mes appréhensions. J'avoue aussi que j'ai peur de me laisser aller devant elle. Une partie de moi voudrait conserver jusqu'au bout son verni de femme
civilisée. Je sais que pour que l'accouchement se passe bien, il faudrait justement que je mette mon néocortex en sommeil mais c'est un savoir intellectuel qui précisément vient de mon néocortex.
Cependant, je ne saurais dire si c'est la sauce tomate ou la verbalisation de mes peurs, toujours est-il que le travail s'accélère à nouveau. Les contractions me broient les reins, j'essaie de
m'accroupir mais le sol de la cuisine est trop dur. Pendant quelques minutes, je me suspends aux bras de mon mari à chaque contraction, et entre, j'épluche mes tomates et mes oignons, je coupe
les gousses d'ail, je remue la sauce... Pendant ce temps, Laetitia, ma belle-sœur qui loge chez nous en intermittence, rentre d'un séjour au Luxembourg. J'avais peur qu'elle arrive juste au
moment où je pousserais à quatre pattes au milieu du salon, heureusement nous n'en sommes pas là. Elle va aussitôt s'enfermer dans sa chambre pour ne pas nous déranger.
La sauce n'a pas complètement achevé de mijoter quand je retourne dans le salon. Les contractions sont si violentes que je ne tiens plus sur mes jambes. Je dois
m'agenouiller pour que ce soit supportable. David va chercher un petit matelas à mettre au pied du fauteuil sur lequel je m'appuie. Ça pousse à l'intérieur de moi. J'ai mal. Je vocalise pour
accompagner les contractions. Entre les contractions, David essaie de faire la conversation. Cela m'exaspère. J'ai comme des envies de lui taper dessus. Je n'aime pas être ainsi. Je voudrais
qu'il s'en aille. Je voudrais m'appuyer sur le dossier du canapé mais je ne veux pas qu'il voit mon vagin s'ouvrir à la sortie du bébé. Je l'envoie dans la cuisine surveiller la sauce. Je suis si
fatiguée. Il est plus de cinq heures de l'après-midi. Cela fait deux jours que je n'ai quasiment pas dormi. Pourquoi est-ce si long ? Pourquoi mon bébé n'est-il pas encore là ? Je me
sens comme un animal blessé. Je voudrais rester digne mais la douleur et la lassitude ont raison de ma réserve. Je sanglote quelques minutes. Je voudrais que cela soit fini. Une petite partie de
moi continue toutefois à résister à cette animalité qui m'envahit et me souffle que j'arrive à la phase de désespérance et que la naissance est imminente. A un moment, je rentre ma main dans mon
vagin en espérant sentir mon bébé. Je sens bien sa tête sous mes doigts mais la texture est si étrange que je me demande s'il se présente normalement. En fait, ses cheveux sont collés par le
vernix et le liquide amniotique ce qui donne cette texture bizarre seulement je ne le sais pas. Il n'est pas loin mais il descend vraiment lentement.
Françoise me propose d'aller prendre une douche pour calmer la douleur. Accroupie sur un marchepied, je fais couler abondamment de l'eau chaude sur mes reins. Je
voudrais que l'eau soit encore plus chaude. Je regrette de ne pouvoir m'y immerger complètement car le reste de mon corps a froid. Dès que j'entrouvre la porte de la douche, un courant d'air me
fait grelotter. Je ne peux rester ainsi. Je ressors tremblante de fatigue et de froid.
Françoise évoque alors un départ à la maternité pour une péridurale. Elle doit sans doute s'inquiéter de mon épuisement physique. Mais je ne veux pas envisager un
transfert et encore moins une anesthésie même si je sais que l'instant de la mise au monde sera encore plus douloureux que ce que je ressens… Je n'ai pas oublié cette brûlure incandescente qui
avait précédé la naissance de Sacha… C'est pour bientôt, je veux y croire. Je me dis cela depuis des heures mais qu'importe. J'ai bien senti la tête de mon bébé tout à l'heure. Il n'est plus très
loin. Et cette fois, je ne me trompe pas.
Je rejoins la chambre puis ma conscience s'obscurcit. Seules quelques brides de souvenirs me reviennent. A genoux sur mon futon, appuyée sur un tas de coussins,
j'ai mis au monde mon enfant. Je me souviens d'une douleur cuisante me broyant les reins et le bassin. Je me souviens avoir crié et même proféré quelques grossièretés. Je me souviens avoir mordu
et griffé David jusqu'au sang (même si par la suite j'ai été impressionnée des marques que j'avais laissées sur son bras). J'ai vaguement perçu des encouragements de Françoise. Mais tout est
environné d'un épais brouillard. Malgré mes résistances, j'étais redevenue une femelle mammifère mettant au monde son petit. J'ai senti sa tête qui bombait sur le périnée, tendant la peau à son
maximum. La douleur était épouvantable. Il fallait que ça s'achève. Il me semble avoir senti les doigts de Françoise écarter délicatement mon périnée, sans doute pour éviter une déchirure alors
que je touchais à nouveau la tête de mon bébé. J'ai vu la masse de cheveux bruns couverts de vernix sortir de moi. Alors que sa petite tête était sortie, Françoise a vu que mon petit avait deux
tours de cordon autour de son cou. C’était certainement pour cela qu’il avait mis autant de temps à descendre. Très doucement, Françoise les a passés par dessus sa tête puis dans une nouvelle
poussée, mon fils est sorti de moi et me redressant sur mes genoux, je l’ai accueilli dans mes bras… Il était si petit. Il semblait si fragile. Je l'ai serré contre moi en goûtant pleinement le
bonheur d'être la première personne à le toucher.
Le vernix formait comme une pâte blanchâtre sur tout son corps, cela me collait aux doigts, mais cela n'avait pas d'importance. Je n'avais plus mal. J'avais mon bébé… Mon
Alexi… Il était là si petit avec ses yeux immenses qui m'hypnotisaient. Il paraissait si fragile, je sentais monter en moi un violent instinct de protection… Son cordon avait dû lui faire mal car
il gémissait légèrement. Heureusement, blotti dans mes bras, il s’est apaisé lentement… Plus tard, j’ai réalisé que si cette naissance n’avait pas été parfaitement physiologique, cela aurait pu
très mal se dérouler et s’achever par un forceps ou une césarienne. D'autant que là, mon corps était intact et les suites de couche s'avèreront presque confortables à côté des gênes qui avaient
émaillé ma grossesse.
Je n’avais plus la notion du temps cependant je crois que le placenta a mis moins d’un quart d’heure à sortir à son tour. A ce moment-là, mon chéri qui avait bien
vécu le déroulement de l’accouchement a eu un haut-le-cœur et en a profité pour aller chercher Laetitia dans la chambre d’à côté. Durant son absence, Françoise m’a détaillé le placenta. Alors que
j’avais trouvé les photos de cet organe assez peu ragoûtantes, le voir en vrai ne m'a pas semblé écœurant du tout. Devant le peu d’enthousiasme de David, Françoise a coupé elle-même le cordon
bien longtemps après qu’il ait cessé de battre.
Laetitia nous a rejoints quelques minutes plus tard. Les yeux grands ouverts, Alexi regardait partout autour de lui. Puis très tranquillement, il a pris sa première
tétée. Deux heures plus tard, son grand frère nous a rejoint et notre vie a repris son cours, bouleversée à jamais de façon positive et en même temps dans une continuité sécurisante.
Alexi est né le vendredi 24 avril 2009 à 18h40. Sa naissance a été plus éprouvante physiquement que celle de Sacha tant pour moi que pour lui cependant, il a été
accueilli dans une telle douceur dans la pénombre de notre chambre et la chaleur de mes bras que j'aime à croire que cela a effacé les difficultés qu'il a éprouvées. La sérénité qu'il affiche ne
semble pas me contredire. Quand je le regarde si calme, paraissant si confiant, je suis fière de ce que nous avons réussi tous les deux... et je remercie tous ceux qui nous ont soutenus dans
cette aventure, mon chéri tout d'abord, ma sage-femme sans laquelle cela aurait pu si mal se passer, ma doula pour son soutien téléphonique ainsi que mes amies et les filles du forum qui ont
pensé à moi durant ces deux jours.
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