Syndrôme du neurone unique ?
Je voudrais parler ici de ce syndrôme qui frapperait impitoyablement les femmes enceintes et les jeunes mères : le syndrôme du neurone unique plus simplement appelé SNU. Il paraîtrait qu'au moment de la conception d'un enfant, il s'effectue alors un curieux transfert : alors que les connexions neuronales se développent dans le cerveau du foetus, les neurones de sa mère se volatilisent les uns après les autres jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un... un malheureux petit neurone bien inutile sans ses congénères.
J'avoue que cette idée me laisse songeuse. Peut-être les premiers mois de ma grossesse ont-ils déjà eu raison de mes pauvres neurones au point de me faire perdre toute lucidité mais même durant ma grossesse précédente, je n'ai pas eu l'impression que cet état physiologique avait de si terribles conséquences sur mon intellect. Bien sûr, mon esprit était focalisé sur cette vie en gestation, et après ? Il n'y a rien de plus miraculeux que la naissance d'un enfant et il est bien naturel quand on porte ce miracle de n'avoir guère l'esprit de s'attarder sur des choses aussi dérisoires que les guerres de succession au Parti Socialiste.
Quand j'attendais mon fils et les premiers mois après sa naissance, mes neurones fonctionnaient assez bien pour me permettre de lire et d'assimiler des études scientifiques des plus ardues sur la naissance et les besoins du nouveau-né et cette idée de neurone unique me gêne beaucoup car elle sous-entend que la maternité rendrait les femmes stupides... Donc si une femme tient à son intellect, elle a tout intérêt à faire l'impasse sur la maternité.
Après on ne peut nier que les femmes enceintes et les jeunes mères ont parfois des moments d'absence et peuvent se montrer plus distraites que de coutume... Cela dit, elles n'oublient jamais ce qui a trait à leur enfant car effectivement leur esprit est concentré sur cette nouvelle vie. Plutôt qu'une perte de neurone ne peut-on pas y voir que du bon sens : en cette période, l'enfant occupe tout leur esprit... Vu l'extrême vulnérabilité d'un nouveau-né, si ce n'était pas le cas, l'humanité se serait peut-être éteinte depuis bien longtemps.
Enfin dans cette idée de SNU, on oublie une donnée essentielle : l'extrême fatigue qui marque une partie de la grossesse et les premiers mois avec l'enfant. Je défie quiconque de supporter des nuits entrecoupées de pleurs et souvent écourtées et d'être au maximum de ses capacités intellectuelles... Je trouve au contraire que les cerveaux des mères font preuve d'une résistance étonnante à la fatigue physique et émotionnelle que constituent les premiers mois d'un enfant. Il fait intelligemment le tri entre les données superficielles et les choses essentielles... N'est-ce pas une preuve que les connexions neuronales fonctionnent plutôt bien ?