Jardin ou potager ?
Lundi après-midi, je buvais un café avec une copine. Dans son sac, elle avait deux journaux : Libération et une revue de jardinage achetée pour sa mère. Nous avons plaisanté sur l'antinomie entre un quotidien, certes moins élitiste que d'autres mais néanmoins pas franchement populaire, et un journal sur un sujet aussi "beauf" que le jardinage. En riant, je lui ai dit qu'elle pourrait toujours prétendre que cette revue donnait des conseils pour cultiver son potager bio.
Ce n'était qu'une discussion amicale et légère mais je trouve qu'elle est révélatrice de notre besoin de classifier les gens comme s'il s'agissait de légumes. Or même si les tomates peuvent présenter bien des variétés (rondes, olivettes, cerise, coeur de boeuf...), l'humain est bien plus complexe.
Peut-on considérer qu'une personne qui a une roseraie est beauf et que celui qui cultive un potager est bobo ? Ne peut-on pas apprécier le théâtre de la cruauté d'Antonin Artaud et cultiver amoureusement un parterre d'orchidées ? Ne sommes-nous donc que des stéréotypes sur pattes ?
Et ce qui me gêne le plus, c'est cette hiérarchie tacite des goûts et des gens. Il y a des loisirs réservés aux gens cultivés et d'autres indignes d'eux. C'est bien plus honorable d'être passionné de peinture que d'adorer faire la cuisine. On peut mettre toute son âme dans un bon gâteau et cela apportera autant de plaisir aux autres qu'un beau dessin (même si personnellement, j'ai réussi le tour de force de rater des oeufs au plat la semaine dernière). Pourquoi alors la cuisine est un art moins valorisé que la peinture ? Je faisais du dessin autrefois et techniquement je n'étais pas mauvaise. Cependant je dessinais comme on suit une recette de cuisine et mes oeuvres manquaient d'âme. Pour moi, la valeur d'une création ne dépend pas de son support mais de la passion que le créateur lui insuffle.
La cuisine et la couture sont-elles méprisées car considérées comme féminins alors que l'art et la littérature ont longtemps été l'apanage des hommes... Peut-être. Pourtant je me demande si ce n'est pas aussi la fragilité de notre existence qui nous pousse à dévaloriser les oeuvres éphémères ?
Ce n'était qu'une discussion amicale et légère mais je trouve qu'elle est révélatrice de notre besoin de classifier les gens comme s'il s'agissait de légumes. Or même si les tomates peuvent présenter bien des variétés (rondes, olivettes, cerise, coeur de boeuf...), l'humain est bien plus complexe.
Peut-on considérer qu'une personne qui a une roseraie est beauf et que celui qui cultive un potager est bobo ? Ne peut-on pas apprécier le théâtre de la cruauté d'Antonin Artaud et cultiver amoureusement un parterre d'orchidées ? Ne sommes-nous donc que des stéréotypes sur pattes ?
Et ce qui me gêne le plus, c'est cette hiérarchie tacite des goûts et des gens. Il y a des loisirs réservés aux gens cultivés et d'autres indignes d'eux. C'est bien plus honorable d'être passionné de peinture que d'adorer faire la cuisine. On peut mettre toute son âme dans un bon gâteau et cela apportera autant de plaisir aux autres qu'un beau dessin (même si personnellement, j'ai réussi le tour de force de rater des oeufs au plat la semaine dernière). Pourquoi alors la cuisine est un art moins valorisé que la peinture ? Je faisais du dessin autrefois et techniquement je n'étais pas mauvaise. Cependant je dessinais comme on suit une recette de cuisine et mes oeuvres manquaient d'âme. Pour moi, la valeur d'une création ne dépend pas de son support mais de la passion que le créateur lui insuffle.
La cuisine et la couture sont-elles méprisées car considérées comme féminins alors que l'art et la littérature ont longtemps été l'apanage des hommes... Peut-être. Pourtant je me demande si ce n'est pas aussi la fragilité de notre existence qui nous pousse à dévaloriser les oeuvres éphémères ?
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