Le temps pour rêver
Quand j'étais petite, je m'ennuyais beaucoup à l'école. J'attendais silencieusement la fin des cours en regardant la fenêtre. Je rêvais d'être dehors et j'imaginais moults choses en contemplant le paysage à la fois identique et changeant qui s'étendait derrière les vitres de la salle de classe. Je regardais le sapin agité par le vent imaginant que son feuillage était la robe d'une sorcière. J'inventais des histoires en regardant la forme des nuages... Pour tout dire, j'étais une enfant calme, rêveuse et manquant totalement de concentration sur les sujets scolaires. En d'autres temps ou d'autres lieux, j'aurais sûrement été fessée pour cela, je n'étais que réprimandée.
Puis en grandissant, je me suis mise à écouter les cours plus sérieusement... il faut avouer qu'ils m'intéressaient davantage. Le temps a passé pourtant j'ai continué à laisser mes pensées s'envoler dès que je m'ennuyais trop : dans un dîner de famille, pendant une réunion barbante... Le soir avant de m'endormir, j'ai besoin de rêver un peu éveillée avant de m'abandonner au sommeil.
Je m'interroge sur notre avenir en voyant à quel point on étouffe la rêverie des enfants. On leur apprend des choses, on leur fait faire des activités d'éveil mais on leur laisse de moins en moins le temps de rêver alors qu'encore plus que nous, leur esprit a besoin de laisser s'exprimer l'imagination en liberté. On valorise les matières qui font appel à l'esprit sans l'imagination comme les mathématiques au détriment de celles qui parlent au coeur : art plastique, musique... Quant à la littérature, elle est enseignée de façon très scientifique, très cartésienne.
J'aime bien les mathématiques. Je trouvais ça drôle de résoudre des problèmes. C'était une stimulation intellectuelle... mais cela n'éveillait que mon esprit et pas mon coeur or l'humain a besoin des deux pour vivre.
Somme toute, les rêveries sont très mal considérées par notre société. Si l'on prend une heure rien que pour rêver, on dira qu'on a passé une heure à "ne rien faire". En réalité, notre esprit n'aura jamais été aussi actif mais il n'aura pas été "productif" au sens marchand du terme.
Un enfant qui rêve trop est un enfant qui n'est pas capable de se concentrer sur les sujets dits "importants", tandis qu'un adulte qui s'adonne à ces rêveries éveillées n'a pas les pieds sur terre et cherche à fuir la réalité... mais faut-il ne vivre que dans le réel ? S'en détacher de temps en temps ne permet-il pas de ressourcer son âme pour être justement plus fort face à cette réalité ?
Pour moi, ces moments où je laisse mon imagination divaguer en toute liberté sont constitutifs de mon être. C'est à ces moments-là que j'invente, je crée, je découvre. C'est le temps où je dialogue avec mon âme... Sans ce temps pour rêver, je ne serais pas un être humain mais un automate. C'est ainsi que je nourris mon âme et que mon âme me nourrit. Contrairement à Descartes, je ne crois pas au "Je pense donc je suis" mais "Je rêve donc je suis."
Puis en grandissant, je me suis mise à écouter les cours plus sérieusement... il faut avouer qu'ils m'intéressaient davantage. Le temps a passé pourtant j'ai continué à laisser mes pensées s'envoler dès que je m'ennuyais trop : dans un dîner de famille, pendant une réunion barbante... Le soir avant de m'endormir, j'ai besoin de rêver un peu éveillée avant de m'abandonner au sommeil.
Je m'interroge sur notre avenir en voyant à quel point on étouffe la rêverie des enfants. On leur apprend des choses, on leur fait faire des activités d'éveil mais on leur laisse de moins en moins le temps de rêver alors qu'encore plus que nous, leur esprit a besoin de laisser s'exprimer l'imagination en liberté. On valorise les matières qui font appel à l'esprit sans l'imagination comme les mathématiques au détriment de celles qui parlent au coeur : art plastique, musique... Quant à la littérature, elle est enseignée de façon très scientifique, très cartésienne.
J'aime bien les mathématiques. Je trouvais ça drôle de résoudre des problèmes. C'était une stimulation intellectuelle... mais cela n'éveillait que mon esprit et pas mon coeur or l'humain a besoin des deux pour vivre.
Somme toute, les rêveries sont très mal considérées par notre société. Si l'on prend une heure rien que pour rêver, on dira qu'on a passé une heure à "ne rien faire". En réalité, notre esprit n'aura jamais été aussi actif mais il n'aura pas été "productif" au sens marchand du terme.
Un enfant qui rêve trop est un enfant qui n'est pas capable de se concentrer sur les sujets dits "importants", tandis qu'un adulte qui s'adonne à ces rêveries éveillées n'a pas les pieds sur terre et cherche à fuir la réalité... mais faut-il ne vivre que dans le réel ? S'en détacher de temps en temps ne permet-il pas de ressourcer son âme pour être justement plus fort face à cette réalité ?
Pour moi, ces moments où je laisse mon imagination divaguer en toute liberté sont constitutifs de mon être. C'est à ces moments-là que j'invente, je crée, je découvre. C'est le temps où je dialogue avec mon âme... Sans ce temps pour rêver, je ne serais pas un être humain mais un automate. C'est ainsi que je nourris mon âme et que mon âme me nourrit. Contrairement à Descartes, je ne crois pas au "Je pense donc je suis" mais "Je rêve donc je suis."
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